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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 00:12

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Chère lectrice, Cher lecteur,

Tout d'abord merci pour votre fidélité. Vos visites et vos commentaires sont un encouragement pour l'auteur de ce blog. Aujourd'hui je vous propose de partager un article de Jacques Sapir, chercheur au CNRS, intitulé "De l'inexistence d'un droit humanitaire"

Pour ce site, consacré à l'action humanitaire et aux ONG, et dont l'un des objectifs est de partager et renforcer le droit international humanitaire c'est à dire la protection des populations en temps de guerre, là ou les droits de l'homme sont le plus bafoués, cet article apparaît comme une véritable  provocation.

Mais l'analyse de Jacques Sapir, que je ne connais pas, mérite que nous nous y arrêtions. En effet, la situation actuelle en Lybie, à la suite de l'intervention des forces autorisées par le Conseil de sécurité, est tragique et se trouve à l'origine de plusieurs milliers de morts. Est-ce cela la R2P, c'est à dire la Responsabilité de protéger?  La situation en Irak ou en Syrie pourrait être aussi citée comme le plus parfait gâchis. Alors que penser de ce droit international humanitaire au nom duquel nous intervenons pour au fond nous retrouver "in fine" avec "DAESH" aux portes de la Turquie, pays rappelons le qui est membre du Conseil de l'Europe et candidat à l'intégration dans l'Union européenne.

Oui, de quoi nous faire réfléchir. Car Jacques Sapir s'interroge ici sur les fondements juridiques et philosophiques de ce droit. Alors bonne lecture et bons commentaires.

Bien cordialement à vous tous.

Francisco RUBIO

 

Publié sur l'excellente plate-forme d'édition électronique Open Edition (en savoir + sur Open Edition) : http://russeurope.hypotheses.org/2981

L'auteur : Jacques Sapir

JacquesSapir2.jpg

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

Diplômé de l'IEPP en 1976, a soutenu un Doctorat de 3ème cycle sur l'organisation du travail en URSS entre 1920 et 1940 (EHESS, 1980) puis un Doctorat d'État en économie, consacré aux cycles d'investissements dans l'économie soviétique (Paris-X, 1986).

A enseigné la macroéconomie et l’économie financière à l'Université de Paris-X Nanterre de 1982 à 1990, et à l'ENSAE (1989-1996) avant d’entrer à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1990. Il y est Directeur d’Études depuis 1996 et dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Il a aussi enseigné en Russie au Haut Collège d'Économie (1993-2000) et à l’Ecole d’Économie de Moscou depuis 2005.

Il dirige le groupe de recherche IRSES à la FMSH, et co-organise avec l'Institut de Prévision de l'Economie Nationale (IPEN-ASR) le séminaire Franco-Russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie.

 

De l’inexistence d’un “droit humanitaire”

1 novembre 2014

Par Jacques Sapir

Le problème posé par l’introduction d’un “Droit Humanitaire” dans le contexte du droit International est considérable. Cela se révèle par la relation conflictuelle que ce nouveau droit entretient avec la notion de souveraineté. Cette dernière constitue la clé de voûte de la charte des Nations Unies et de la déclaration des Droits de l’Homme adoptée par l’ONU. Or, elle deviendrait contestable au nom d’un Droit Naturel dont découleraient les Droits de l’Homme. C’est ce qui fonderait et justifierait l’injonction d’ingérence humanitaire, position que soutient Mario Bettati[1].

 

La conscience morale ne fait pas nécessairement une bonne politique.

 

Nous ne nions pas le fait que certaines situations parfaitement révoltantes ont, depuis la création des Nations Unies, ému les consciences à l’échelle du globe. De cette émotion est née la démarche qui a fait passer l’action humanitaire, entendue comme un engagement moral individuel, à l’émergence d’une doctrine que l’on qualifiera d’humanitariste qui se veut une relecture normative des principes du droit international[2]. Le problème cependant est de savoir si l’innovation radicale qu’introduirait un “ Droit d’Ingérence ” compris non pas comme une obligation morale mais comme un statut juridiquement fondé devant lequel les souverainetés nationales devraient plier est une solution efficace en ceci qu’elle permettrait de créer de la norme et des institutions évitant que se reproduisent les situations révoltantes.

 

L’expérience montre que les ingérences humanitaires peuvent engendrer des effets nocifs aussi importants que les maux auxquels elles entendaient remédier[3]. Par ailleurs, le caractère purement « humanitaire » de certaines opérations est souvent discutable. Des intérêts d’États peuvent souvent se servir du discours des « humanitaires ». Le passage de l’action humanitaire à une doctrine humanitariste ne fait que renforcer le problème qui naît de cette collusion originelle entre la raison d’État et les « bons sentiments »[4]. Tel avait été le cas au Kosovo en 1999. L’engagement de Bernard Kouchner dans l’administration provisoire du Kosovo par l’ONU est ici symptomatique, tout comme le fut le soutien que ce personnage apporta à l’intervention américaine en Irak en 2003. Ce fut à l’évidence la cas à nouveau en Libye, où l’intervention occidentale a conduit à la fragmentation du pays et à un chaos sanglant. On voit désormais dans quelle situation nous serions aujourd’hui en Syrie si l’on avait suivi les « bonnes âmes » qui appelaient à l’intervention. De fait, une partie de l’armement livré a abouti dans les mains des pires extrémistes. Cela devrait servir de leçon.

 

La question du statut politique, juridique et moral du « Droit Humanitaire » apparaît donc comme l’une des questions posées par le passage du XXè au XXIè siécle. En fait, le problème de la justification d’un possible « Droit Humanitaire », fondateur d’une « Droit d’ingérence », peut être envisagé à travers deux questions, différentes dans leur formulation, mais convergentes dans leurs implications.

 

Les Droits de l’Homme et la métaphysique du « droit naturel» ?

 

La première question que soulève la notion de « droit d’ingérence » ainsi que celle d’un « droit humanitaire » est celle qui est posée aux principes même du droit par la contestation d’une notion centrale comme la souveraineté, ici rabaissée au rang d’arrangement fonctionnel, au nom d’un droit d’essence supérieur. Une telle contestation de la notion de souveraineté conduit d’abord à se pencher sur les interprétations possibles de cette notion.

 

La plus répandue, celle qui en réalité est à la base du droit international, et qui est largement un héritage d’une ancienne réflexion dont Carl Schmitt a été l’héritier le plus connu au XXè siècle[5], présente, dans un mouvement de naturalisation qui récuse aux institutions leur dimension de constructions sociales, la souveraineté comme issue elle-même d’un Droit Naturel. Ce dernier, et cela est particulièrement visible dans l’œuvre de Schmidt, est clairement d’essence religieuse. Dans ce cas, nous serions en présence d’un conflit entre deux interprétations d’un Droit Naturel, c’est-à-dire d’un système de méta-normes à prétentions universelles. Nous aurions d’une part l’interprétation fournie par la tradition juridique dont Schmidt est le représentant et de l’autre celle qui est proposée par la pensée libérale-humaniste dont les théoriciens de l’action humanitaire se prétendent les portes paroles. Remarquons ici que, les deux parties ont au moins en commun l’adhésion à l’idée qu’il existe un système transcendant de méta-normes.

 

Seulement, si des interprétations contradictoires peuvent être défendues sans que ne se découvre une solution évidente, que est le sens d’un Droit Naturel ? Il nous faut conclure de l’impossibilité de trouver un argument logique entraînant soit une synthèse entre les positions opposées soit la disqualification immédiate de l’une ou de l’autre que ce qui nous est présenté comme un système de méta-normes universelles n’est en réalité que la formulation particulière de normes culturellement déterminées. L’idée même de méta-normes dont la transcendance imposerait l’universalité se révèle alors comme un dispositif politique et discursif n’ayant d’autre but que d’affaiblir des normes existantes au sein d’un débat situé avant tout dans l’espace médiatique. Cet affaiblissement est ici l’enjeu d’un affrontement entre intérêts particuliers.

 

L’idéalisme juridique et l’idéalisme humanitaire s’avèrent également incapables de faire la démonstration de leurs prétentions universalisantes. Le recours à des valeurs transcendantes pour fonder un système de méta-normes nous renvoie au registre de l’opposition irréductible entre croyances, où seule la conversion ou la destruction ont droit de cité car la conviction est impossible. Jean Bodin, dès la fin du XVIè siècle, l’avait compris qui dans le Colloquium Heptaplomeres nous invitait justement à rejeter hors de la sphère publique de telles oppositions, fondant ainsi le principe de Laïcité[6].

 

L’impossible formalisme légal

 

On pourrait alors penser qu’il serait possible d’éviter l’impasse de l’affrontement entre deux conceptions idéalistes par un simple retour aux principes de l’observance de la règle du droit. Si les systèmes de méta-normes soulèvent de tels problèmes, mieux vaut peut-être les proscrire. La légalité deviendrait donc, en droit national comme international, le seul principe déterminant dans un monde où l’on prendrait acte du relativisme de toute affirmation de valeur. Telle est la tendance du droit produit par l’Union Européenne, que l’on a qualifié plus haut pour cette raison de pensée politico-juridique post-moderne[7].

 

Mais, la faille logique d’une telle position a été quant à elle bien mise à jour par Carl Schmitt dans son ouvrage Légalité, Légitimité[8]. On peut d’ailleurs la reformuler dans le cadre de la théorie moderne de l’information et montrer que l’on est en effet en présence d’une redoutable circularité du raisonnement. Pour pouvoir affirmer qu’il suffirait pour qu’un acte soit juste qu’il ait respecté les formes légales, il nous faudrait pouvoir prétendre que ceux qui ont produit ces formes ont été capables de réaliser un cadre à la fois complet et parfait. Si tel pouvait être le cas, alors il nous serait possible d’écrire des contrats complets et parfaits, car les contrats sont par nature moins complexes que des systèmes de lois. Mais, si nous pouvions écrire de tels contrats, alors nous n’aurions plus besoin d’un système de lois, puisque toutes les contestations pourraient être inscrites d’emblée dans ces contrats parfaits et complets.

 

L’existence d’un système de lois, quel qu’il soit, traduit en réalité nos limites informationnelles et cognitives, qui nous empêchent d’écrire des contrats complets et parfaits et nous impose de soumettre toute relation bilatérale à la validation de la société. Mais, si des contrats parfaits et complets sont hors de notre portée, il en est donc de même pour des systèmes de lois. Dès lors, si les lois ne sont pas un cadre complet et parfait, le fait qu’un acte les ait respectées ne nous prouve pas sa justesse. Les lois sont en effet contestables, et se pose la question du système des méta-normes nous permettant, le cas échéant de faire appel de la légalité devant le principe de légitimité. On voit donc qu’il est impossible de se passer de méta-normes. Les héritiers de la tradition juridique comme les tenants de la pensée humanitaire n’avaient donc pas tort en soulevant le problème de l’origine des méta-normes, c’est-à-dire la question d’un principe d’universalité du Droit. Ce n’était pas le constat qui était ici fautif mais la solution recherchée dans les tréfonds des postulats de l’idéalisme.

 

La dangereuse aporie du Droit Naturel.

 

Le rattachement des Droits de l’Homme à la théorie du Droit Naturel est en réalité la manière la plus sure de détruire plusieurs siècles d’aspirations à la Démocratie et d’interdire à ces Droits toute prétention à l’universalité. Ceci peut sembler paradoxal, et mérite explication. Les défenseurs du « principe d’ingérence » pensent pouvoir contourner l’obligation de respect de la souveraineté que contient le droit international (et en particulier la Charte des Nations Unies) en présentant les Droits de l’Homme comme au-dessus du droit. C’est pour cela qu’ils les situent comme relevant du droit naturel.

 

Or, la théorie du Droit Naturel est, on le sait, très ancienne en Europe et elle est clairement située dans un contexte culturel et religieux. La référence à une Nature pose la question de savoir si cette dernière est pré-existante, immuable et achevée, ce qui fut la position de Grotius et Descartes et implique une vision déiste de la nature, ou si elle est fille de la culture, soit de l’existence sociale des hommes. Cette interprétation fut historiquement celle d’Aristote et de Thomas d’Aquin. Chez ce dernier, la Loi Naturelle, qui fonde le Droit Naturel, exprime le double phénomène de participation de l’Homme au vivant, mais aussi la coupure radicale entre l’homme et l’animal. Ceci permet de retrouver le lien entre le Droit Naturel et le christianisme en l’insérant dans la double image de l’Homme participant de la création en général, mais y occupant une place particulière par son ascendance (Adam et Eve) et le salut que le Christ lui apporta.

 

Que l’on donne raison à l’une ou l’autre des interprétations, nous sommes en réalité loin de l’universel et profondément enfoncé dans la spécificité de la culture de l’Europe occidentale. La recherche d’une universalité véritable ne peut suivre cette voie, car elle nous conduit immanquablement à nous représenter les cultures non-européennes comme potentiellement « barbares » et justifie la violence, culturelle ou militaire pour imposer en universel ce qui est en réalité spécifique. Mais, refuser la voie de Grotius ou de Thomas d’Aquin ne signifie pas renoncer à l’universalité et s’abandonner au relativisme. La thèse de d’Aquin permet une autre interprétation, qui la nettoie de sa spécificité chrétienne. Si l’on prend comme point de départ que le Droit Naturel n’est pas en réalité lié à une « nature » mais à l’exercice de la vie en société, nous devons reposer la question de la différence entre l’Homme et l’animal en des termes autres que ceux de l’Ancien Testament ou de tout autre récit de la Génèse. C’est justement, l’un des apports de l’Anthropologie et de l’Ethologie modernes que de montrer que s’il y a bien coupure, celle-ci est tout sauf radicale. Se fondant à la fois sur ses propres travaux d’Anthropologue et sur ceux des spécialistes des grands primates[9], Maurice Godelier établit bien que le fait social est antérieur à l’Homme[10]. Ce dernier est le produit de la société et non l’inverse. Cependant, il existe bien une différence entre l’Homme et les primates :”Si les hommes n’ont pas pu se donner à eux-mêmes la vie en société, ils ont pu, à la différence des autres primates, transformer leurs façons de vivre en société, inventer de nouvelles formes de société“[11].

 

Ce n’est pas de vivre en société qui est un point central. Ce fait en soi ne nous distingue pas des autres « êtres » sensibles. Ce qui fait la spécificité de l’espèce c’est la capacité à modifier consciemment la société. Si l’on reconnaît ce fait comme établissant la véritable coupure, alors il doit devenir le point de départ si l’on tient véritablement à chercher un point fondateur hors de toute référence religieuse. Si l’on cherche à fonder des principes en universalité, c’est à travers leur fonction sociale qu’il convient donc de le faire. On rejoint ici l’interrogation de Hégel quant à la source potentielle d’un principe d’universalité du Droit. Pour ce dernier, cette source ne pouvait être que le principe et la réalisation de la liberté. On ajoutera ici qu’il s’agit de la liberté d’agir en société et pour transformer cette dernière, car hors de la société, la liberté n’a pas de sens. Les robinsonnades sont un genre littéraire mais certes pas un argument convaincant pour penser des sociétés socialement denses et hétérogènes[12].

 

Refonder l’universalisme en abandonnant l’idéalisme méthodologique.

 

On peut ainsi, et en respectant ce que l’on a appelé dans un autre ouvrage une démarche réaliste, reformuler une interprétation et de la souveraineté et des Droits de l’Homme. Cette interprétation respecte la nécessaire distinction entre droit et méta-normes dont l’importance nous a été rappelée par Schmitt. Elle le fait néanmoins sans tomber pour autant dans les pièges de l’idéalisme du “ Droit Naturel ” et de la mobilisation implicite de discours culturellement et religieusement situés, c’est à dire de discours qui, quelles que soient leurs prétentions, ne sauraient par essence être universels. Il faut donc ici abandonner sans regret l’idéalisme pour en venir à une démarche que l’on a qualifiée de “réaliste” et dont les fondements seraient en particulier une théorie réaliste des capacités cognitives et informationnelles des individus telles qu’elles sont mises en œuvre et en permanence testées dans la vie en société[13].

 

Les éléments expérimentalement fondés existent aujourd’hui qui permettent de se dégager du modèle idéaliste du comportement de l’individu, dont nous avons hérité du XVIIIè et du XIXè siècle[14]. Cet agent individuel était doté de capacité informationnelles illimitées et d’un système complet et autonomes de préférences. Il était ainsi capable de mettre en oeuvre une rationalité optimisatrice qualifiée de substantive[15]. C’est sur cette rationalité, issue des Lumières et codifiée dans la théorie néo-classique par Walras et Pareto, que se fonde tant la théorie économique standard que la théorie sociale individualiste qui l’accompagne[16]. Mais cette théorie de la rationalité est tout autant une aporie idéologique que la théorie du Droit Naturel. Elle ne fait que substituer à la vision déiste une vision scientiste. Elle est tout autant opposée au véritable esprit scientifique.

 

De l’importance de nos limitations cognitives.

 

L’existence des limitations cognitives et interprétatives des individus, limitations qui sont aujourd’hui bien connues et explorées, conduit à récuser cette notion de la rationalité. Il faut lui préférer une notion de rationalité limitée et contextuelle, qui porte sur les procédures et non les résultats[17].

 

Cette rationalité comme ces limitations impliquent des normes particulières et fondatrices au meilleur fonctionnement possible de sociétés composées d’individus libres mais en constante interaction, conditions premières au développement de chaque individu. Ces normes ne sont donc pas des “arrangements” fonctionnels, soit des constructions temporaires et spécifiques à leur contexte. Elles découlent en réalité des effets des limitations propres au raisonnement humain, à notre capacité de calcul et de traitement des signaux engendrés par notre environnement. On peut  donc qualifier ces normes de nécessités fonctionnelles d’un niveau supérieur aux arrangements et autres compromis qui sont le produit nécessaire de l’action humaine. Elles se situent à un niveau d’abstraction supérieur en ce qu’elles s’expriment au sein d’une société qu’elles permettent de transformer, que ceci soit fait intentionnellement ou non.

 

Ces nécessités fonctionnelles constituent alors l’expression dans une théorie réaliste du comportement humain et de la construction des sociétés du principe et de la réalisation de la liberté. Ces nécessités fonctionnelles sont l’expression de la mise en œuvre de ce que l’on a appelé dans d’autres ouvrages un « ordre démocratique », alternative tant à l’ordre marchand-centralisé du modèle de Léon Walras et Wilfredo Pareto[18], qu’à l’ordre spontané de von Hayek et de la théorie autrichienne[19].

 

Il s’agit de nécessités en cela qu’elles s’imposent de manière logique comme définissant les procédures nécessaires à une société libre dès lors que l’on a analysé les limites des individus et leurs conséquences dans leur action en société. Ces nécessités sont fonctionnelles en ceci qu’elles découlent de ces limitations à travers le jeu des possibilités et des contraintes qui définissent l’action humaine dans sa dimension d’interaction, directe ou indirecte, entre chaque individu et ses semblables. Elles sont donc la manifestation du principe réaliste de rationalité procédurale et s’opposent en cela au principe d’une rationalité maximisatrice ou encore substantive[20]. Ces nécessités fonctionnelles peuvent donc se concevoir sans référence aucune, qu’elle soit explicite ou implicite, à un cadre culturel ou religieux. En effet, ce n’est pas faire injure aux croyances des uns et des autres que de constater, comme Jean Bodin le fit dans le Colloquium Heptaplomeres qu’aucune argumentation ne peut entraîner de conviction dans un espace où n’existe que la conversion. C’est pourquoi il ne peut y avoir de règles sociales , et le droit est par essence un règle sociale, fondées sur des parti-pris culturels et religieux. C’est bien pourquoi les nécessités fonctionnelles, issues d’une théorie de l’ordre démocratique, sont réellement universelles à la différence des expressions contradictoires de la notion idéaliste et métaphysique de “droits naturels”.

 

Et tel est bien là le piège de l’humanitarisme. Parce qu’il construit les droits de l’Homme comme un droit naturel, il leur dénie d’emblée toute vocation universelle, car il n’est de droit en apparence « naturel » que dans le cadre d’une culture déterminée. L’humanitarisme de Bettati est un européo-centrisme. Il est une idéologie spécifique qui vise à l’universalité à laquelle elle ne peut prétendre en raison de son mode de construction. Une telle démarche, on le sait historiquement, est celle des Croisades et des guerres de Religion. Elle est le moyen le plus sur et le plus radical de détruire la démocratie et de construire des sociétés fondées sur le mythe délétère et ravageur de l’homogénéité. La démarche de l’ordre démocratique, parce qu’elle refuse toute référence à un quelconque droit naturel et ne veut pour base que le réalisme méthodologique, construit un cadre qui est potentiellement universel. Cependant, si on peut trouver dans ces nécessités fonctionnelles les éléments constitutifs des Droits de l’Homme, on y trouve aussi le principe de souveraineté[21]. Dès lors, il nous faut comprendre comment une contradiction entre nécessités fonctionnelles se situant à un rang égal peut être résolu, sans abandonner l’analyse réaliste pour la métaphysique.

 

Des limites de la souveraineté ?

 

Nous arrivons alors à la seconde question soulevée par la notion de “Droit d’Ingérence” ou de “Droit humanitaire”. Si l’on considère le Souveraineté comme une nécessité fonctionnelle, et par ce fait même comme une notion productrice de normes et fondatrice de droit, quelles sont les implications dynamiques d’un conflit entre le droit qu’elle engendre et celui qui pourrait être produit par d’autres nécessités fonctionnelles. Si la souveraineté est une nécessité fonctionnelle, au même titre que la non-discrimination, la non-détermination et la responsabilité de chacun envers tous les membres de cette dernière pour les conséquences de ses actes, c’est en raison du lien qui existe entre souveraineté et institutions.

 

La tradition institutionnaliste “classique”, lie le processus d’émergence et de consolidation des institutions à des luttes sociales. Cette position se retrouve tout autant chez Commons et Bentley que, sous sa forme historique, dans l’oeuvre de François Guizot[22]. En fait, c’est la démocratie elle-même qui peut être comprise, en tant que système d’institutions permettant à la fois l’expression de la libre opinion, et sa transformation en une action collective, comme un produit des luttes sociales[23]. De fait, l’abandon de la rationalité maximisatrice (ou substantive) au profit de la rationalité limitée (ou procédurale) condamne définitivement toute analyse de l’émergence des institutions qui ferait référence à une “réponse” face à un “besoin”[24]. La prise en compte des asymétries d’information et de leur production endogène dans les interactions humaines condamne tout aussi radicalement une vision “spontanéiste” de l’émergence des institutions directement suscitée par un “besoin”, ce que Joseph Stiglitz a qualifiée d’erreur fonctionnaliste (functionalist fallacy)[25].

 

L’élément central de la démonstration de Guizot, qui a servi de base tant à Marx qu’aux travaux des institutionnalistes américains, est que les luttes qui donnent naissance à des institutions sont à la fois des conflits situés dans un espace de souveraineté et des conflits pour une extension de cette souveraineté[26]. La notion d’espace de souveraineté est en réalité une notion clé pour la transformation du conflit en un mécanisme de production et de légitimation des institutions. Sans souveraineté, les conflits perdurent ou s’éteignent (par disparition ou élimination d’une des parties en présence) mais ne peuvent donner lieu à institution. C’est l’existence admise par tous d’un espace délimité de souveraineté, qui définit donc des participants habilités à confronter leurs intérêts et à passer des compromis mais aussi par contrecoup des individus extérieurs à cette espace, qui permet en réalité dans la conscience des acteurs que puissent être penser les termes d’un futur compromis institutionnalisable. Dans un espace parfaitement ouvert, ou dans un espace où les acteurs seraient dépourvus d’un droit d’agir supérieur à celui des individus étrangers à cet espace, la notion même de compromis institutionnalisable perdrait tout sens car chaque partie pourrait espérer vaincre en faisant entrer dans son jeu des nouveaux participants ad infinitum.

 

[1] M. Bettati, Le droit d’ingérence : mutation de l’ordre international, Odile Jacob, Paris, 1996.

[2] M. Bettati et B. Kouchner, Le devoir d’ingérence : peut-on les laisser mourir ?, Denoël, Paris, 1987.

[3] Un exemple tragique en fut donné par l’intervention américaine « Restore Hope » en Somalie, en 1992. Non seulement cette opération, qualifiée à l’époque par Kouchner de « fantastique pas en avant en direction du droit d’ingérence » fut incapable de produire un pouvoir politique stable en Somalie, mais l’aide humanitaire (les sacs de riz auprès desquels Kouchner se fit filmer sur une plage somalienne) contribua à désorganiser l’agriculture locale. Elle jeta dans la misère des dizaines de milliers de paysans qui vinrent s’entasser à Mogadiscio et dans d’autres villes, provoquant une nouvelle cause de déstabilisation du pays, qui conduisit quelques années plus tard à l’émergence des trop fameux « tribunaux islamiques ».

[4] Collusion existante dès la crise fondatrice de l’idéologie humanitaire, la guerre civile au Nigéria déclenchée par la sécession du Biafra en 1968, et qui vit les premier pas de Bernard Kouchner comme héraut de l’humanitaire, sous l’œil bienveillant de Jacques Foccart et du gouvernement français. Voir A. Valleys, « Le paravent humanitaire », Libération, rubrique Rebonds, mardi 29 mai 2007.

[5] C. Schmitt, Théologie Politique, traduction française de J.-L. Schlegel, Paris, Gallimard, 1988; édition originelle en allemand 1922.

[6] J. Bodin, Colloquium Heptaplomeres de rerum sublimius arcanis abditis, 1ère édition à Kiel, 1683, traduction en anglais M. Kuntz, Jean Bodin Colloquium of Seven about Secrets of the Sublime, Princeton University Press, Princeton, 1975.

[7] Voir N. Wenzel, « It Works in Practice, But Wil lit Work in Theory ? Toward a Research Agenda on the Emergences of Constitutional Culture into Constitutional Order », George Mason University Working paper, 2003

[8] C. Schmitt, Légalité, Légitimité, traduit par W. Gueydan de Roussel, Librairie générale de Droit et Jurisprudence, Paris, 1936; édition allemande, 1932.

[9] Voir F. de Wall et F. Lanting, Bonobos, le bonheur d’être singe, Fayard, Paris, 1999 ; P. Mehlman, « L’évolution des soins paternels chez les primates et les hominidés » in Anthropologie et Sociétés, vol. 12, n°3/1988, pp. 131-149.

[10] M. Godelier, Métamorphoses de la Parenté, Fayard, Paris, 2004, pp. 468-470.

[11] M. Godelier, Métamorphoses de la Parenté, op.cit., p. 469.

[12] Voir J. Sapir, Quelle économie pour le XXIè siècle, Odile Jacob, Paris, 2005, ch. 5.

[13] Ceci a été développé dans J. Sapir, Quelle économie pour le XXIè siècle, Odile Jacob, Paris, 2005. Voir l’introduction et les chapitres 1, 2 et 3 du livre.

[14] Voir, par exemple S. Lichtenstein et P. Slovic, “Reversals of Preference Between Bids and Choices in Gambling Decisions” in Journal of Experimental Psychology, n°86,/1971, pp. 46-55, et, des mêmes auteurs, P. Slovic et S. Lichtenstein, “Preference Reversals : A Broader Perspective”, in American Economic Review, vol. 73, n°3/1983, pp. 596-605. Voir aussi, B.J. McNeil, A.S. Pauker, H. Sox Jr. et A. Tversky, “On The Elicitation of Preferences for Alternative Therapies” in New England Journal of Medicine, vol. 306, 1982, pp. 1259-1262.

[15] Pour la critique de la notion de rationalité substantive, H.A. Simon, “Rationality as Process and as Product of Thought”, in American Economic Review, vol. 68, n°2/1978, pp. 1-16. Pour une autre critique des modèles de rationalité fondées sur la théorie habituelle des préférences individuelles, D. Kahneman, “New Challenges to the Rationality Assumption” in K.J. Arrow, E. Colombatto, M. Perlman et C. Schmidt (edits.), The Rational Foundations of Economic Behaviour, St. Martin’s Press, New York, 1996, pp. 203-219 et A. Tversky, “Rational Theory and Constructive Choice”, in K.J. Arrow, E. Colombatto, M. Perlman et C. Schmidt (edits.), The Rational Foundations of Economic Behaviour, Macmillan et St. Martin’s Press, Basingstoke – New York, 1996, pp. 185-197, p. 187.

[16] On le voit avec Mancur Olson, The Logic of Collective action, Harvard University Press, Cambridge, Mass., 1965.

[17] H.A. Simon, “Theories of bounded rationality”, in C.B. Radner et R. Radner (eds.), Decision and Organization, Amsterdam, North Holland, 1972, p. 161-176 et “From Substantive to Procedural Rationality”, in S.J. Latsis, (ed.), Method ans Appraisal in Economics, Cambridge, Cambridge University Press, 1976, p. 129-148, p. 145.

[18] Ordre dont le modèle de planification centralisée n’est qu’une variante. Voir , J. Sapir Les trous noirs de la science économique, Albin Michel, Paris, 2000 (réédité aux éditions Seuil, Paris, 2003).

[19] J. Sapir, Les économistes contre la démocratie, op.cit., p. 200 et ssq.

[20] Voir, J. Sapir, Les économistes contre la démocratie, op.cit., chap. 4, pp. 168-184.

[21] J. Sapir, Les économistes contre la démocratie, op.cit., chap. 5.

[22] F. Guizot, Histoire de la civilisation en Europe, rééd. du texte de 1828 avec une présentation de P. Rosanvallon, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1985, p. 182.

[23] A. Przeworski, « Democracy as a contingent outcome of conflicts », in J. Elster et R. Slagstad (éd.), Constitutionalism and Democracy, Cambridge, Cambridge University Press, 1993, p. 59-80.

[24] Et il faut ici signaler qu’il a été montré que l’oeuvre de Commons anticipe par bien des éléments celle de Simon, et que ce dernier peut être perçu comme ayant confirmé les bases théoriques de Commons. Voir, J. Forest et C. Mehier, “John R. Commons et Herbert A. Simon on the Concept of Rationality”, Journal of Economic Issues, vol. XXXV, n°3/2001, p. 591-605.

[25] .E. Stiglitz, “Information and the Change in the Paradigm in Economics”, American Economic Review, vol. 92, n°3, juin 2002, p. 460-501, p. 479. Pour une démonstration plus ancienne de l’impossibilité d’une production “privée” et spontanée des institutions,  R.J. Arnott et J.E. Stiglitz, “Moral Hazard and Non-Market Institutions : Dysfunctional Crowding Out or Peer Monitoring ?”, American Economic Review, vol. 81, n°1, 1991, p. 179-190.

[26] F. Guizot, Histoire de la civilisation en Europe, rop.cit., p. 184.

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 22:58

Edward-Snowden-in-ong-humanitaire-Rubio.jpg

Edward Snowden remporte un prix pour les droits de l'Homme

Logo tribune de genève in ong humanitaire rubio

L'Américain Edward Snowden, qui avait exposé l'ampleur de la surveillance d'internet par les États-Unis, a reçu mercredi le prix suédois Right Livelihood, qui récompense ceux qui améliorent la condition humaine.

Edward Snowden vit réfugié en Russie depuis août 2013.

Image: ARCHIVES/Keystone

Diaporama :

http://www.tdg.ch/monde/edward-snowden-remporte-prix-droits-homme/story/16132091

 

«Le prix honoraire Right Livelihood est attribué à Edward Snowden pour son courage et son talent à révéler l'ampleur sans précédent de la surveillance par un État, qui enfreint les processus démocratiques et droits constitutionnels de base», a indiqué ce mercredi 24 septembre la fondation de Stockholm qui remet ce prix chaque année.

Le fait que le prix ne soit qu'«honoraire» implique que l'ancien consultant de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) ne recevra pas les 500'000 couronnes suédoises (près de 54.500 euros) qui vont aux lauréats.

A la place, la somme doit «financer un soutien juridique» au lanceur d'alerte de 31 ans, qui vit réfugié en Russie depuis août 2013, a précisé la fondation.

Prix créé en 1980

Le journaliste britannique Alan Rusbridger, qui avait été le premier à publier dans The Guardian les éléments apportés par Edward Snowden, a également reçu la récompense.

Trois autres personnes reçoivent le prix Right Livelihood cette année: l'avocate et militante des droits de l'Homme pakistanaise Asma Jahanger, un autre militant des droits de l'Homme, le Sri Lankais Basil Fernando, et un auteur américain qui dénonçait les effets du changement climatique dès les années 1980, Bill McKibben.

Le prix Right Livelihood a été créé en 1980 par le Germano-Suédois Jakob von Uexkull, ancien parlementaire européen Vert. Il découle du refus de la fondation Nobel de créer des prix pour l'Environnement et le Développement, ce qui fait que la fondation qui le décerne revendique l'étiquette de «prix Nobel alternatif».

AFP/Newsnet - 24.09.2014, 16h16

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 08:09

Exploitation-matieres-premieres-pays-du-tiers-monde.jpg

Chère lectrice, Cher lecteur,

Nos amis suisses sont connus pour leur système bancaire. Pour de nombreuses raisons il a fait parler de lui et certains, en Suisse notamment , dénonçaient son opacité et prévoyaient la fin du secret bancaire et la transmission automatique d’informations. Par eux, le procureur Dick Marty,  qui était, il y a dix ans, considéré comme un gentil hurluberlu. 

Moins de dix ans après ce sont les banques suisses elles-mêmes qui dénoncent leurs clients aux fiscs des pays occidentaux. On croit rêver ! 

L’ONG « La Déclaration  de Berne » qui est une ONG Suisse, toujours avec le procureur Marty, demande la mise en place d’un système d’information sur les marchés des matières premières. Pour le moment tout le monde rigole, mais on verra dans quelques années. 

 

De quoi s’agit-il ? Les matières premières devraient être une source essentielle  de revenus pour de nombreux pays. Or, l’exploitation des matières premières ne profite pas ou peu aux pays dits du « Tiers monde ».

Par contre, la Suisse, qui compte huit millions d’habitants, réalise près de 20% du négoce mondial des matières premières et abrite les plus importantes sociétés mondiales dans ce domaine. Et ce, dans une totale opacité. 

Ainsi, un canton comme celui de Zoug (localisation), connu pour ses paysages et seulement  pour ces paysages, abrite ces sociétés qui réalisent des chiffres d’affaires de plusieurs dizaines de milliards. Donc très, très riche.

 

Désormais « La Déclaration de Berne » s’intéresse de près à cette activité économique. Bien évidemment le « négoce » monte au créneau et dénonce une volonté de mettre en place des systèmes inutiles, etc. On connaît chanson.

Voici un rapport exceptionnel et documenté sur cette question.

 

Bonne lecture

Francisco Rubio

Cliquez la couverture ou le lien ci-dessous

ONG-declaration-de-Berne---pour-une-autorite-de-surveilla.jpg

http://goo.gl/dCijTu

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 00:36

L-histoire-est-d-abord-une-observation-politique-des-faits.jpg

PHILANTHROPES, PHILANTHROPIE, HUMANITAIRE ET PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

1 SEPTEMBRE 2014

Publié sur grotius.fr

http://www.grotius.fr/philanthropes-philanthropie-humanitaire-premiere-guerre-mondiale/

 

QUID ?

GROTIUS.FR

"Depuis avril 2009, grâce aux nombreuses contributions, venues du Nord comme du Sud, d’universitaires, d’étudiants, d’acteurs humanitaires, et de journalistes, a atteint son objectif initial : devenir un carrefour mensuel d’analyse sur les pratiques humanitaires et les discours médiatiques en temps de crise politico-militaire ou de catastrophe naturelle. Grotius.fr, médias & humanitaire est devenu Grotius International, Géopolitiques de l’humanitaire…"

FRANCISCO RUBIO

Francisco-RUBIO---directeur-juridique-de-Medecin-du-monde.jpg Francisco Rubio est directeur juridique de Médecins du monde et professeur à Webster University à Genève où il enseigne le rôle des acteurs non étatiques dans les relations internationales. Ancien conseiller de l’Organisation Internationale de la Francophonie pour la coopération non étatique et expert au Conseil de l’Europe il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages et de très nombreux articles sur le secteur non lucratif. Il a enseigné à Columbia University à New York où ses travaux ont été récompensés par le prix Alliance. Aujourd’hui ses recherches portent sur le rôle politique de la philanthropie en occident. ( Biographie )


PHILANTHROPES, PHILANTHROPIE, HUMANITAIRE ET PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

 

1 SEPTEMBRE 2014

L’histoire est d’abord/aussi une observation politique des faits. La commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale est là pour nous le rappeler si besoin était nécessaire. En effet, il n’a échappé à personne que l’explication des causes du conflit a varié non seulement en fonction des recherches purement historiques mais également du niveau de l’amitié franco-allemande. L’histoire comme toute activité humaine a aussi ses vedettes médiatiques, et la notoriété de l’un ou de l’autre en fonction du moment nous offre une présentation différente de l’événement.

Pendant longtemps, le récit du conflit s’articulait autour des manœuvres militaires, du tournant de l’année 17, de l’entrée en guerre des Américains, des tentatives de paix, des négociations de Paris, des 14 points du président Wilson, etc.

Puis, au fur et à mesure que le temps estompait la mémoire, d’autres événements étaient mis en exergue : les fusillés pour l’exemple que l’on avait « oubliés », les troupes coloniales qui émergeaient de la nuit… Récemment, une nouvelle école historiographique a mis en avant les femmes ; les départements occupés du nord de la France et la dureté de cette occupation, dont certains disent qu’elle fut plus rude que la deuxième occupation si l’on excepte bien évidemment le sort réservé à certaines populations ; le quotidien des uns et des autres ; et l’humanitaire, le rôle de la Croix-Rouge en particulier sous la plume remarquable d’Annette Becker.

Bien évidemment, le centenaire est aussi l’occasion de présenter tous les thèmes possibles et imaginables, plus ou moins anecdotiques : les peintres et la Guerre, les écrivains et la Guerre, les espionnes et la Guerre, les animaux et la Guerre, les végétariens et la Guerre, les gardiens de squares et la Guerre… Tant mieux si cela peut contribuer à nous faire connaître ce tournant de l’humanité.

Par contre, une contribution essentielle semble passer inaperçue en France : la thèse magistrale de Peter Grant sur la philanthropie et la Guerre qui fait l’objet d’une publication chez Routledge depuis quelques mois. Grant démontre comment le rôle de la philanthropie dans la société civile anglaise, tant économiquement qu’humainement, a été essentiel dans la contribution à l’effort de guerre britannique.

Et c’est à ce point que je voulais en venir.

L’apport inestimable de la philanthropie

En effet, en reprenant le rapport de Joseph Zimet qui sert de base aux commémorations officielles du centenaire, j’ai été frappé par l’absence de toute référence à la philanthropie. Or, la Première Guerre mondiale est aussi un « tournant » pour la philanthropie et son soutien à l’action humanitaire.

En effet, jamais l’effort philanthropique n’avait été aussi important. Si on le compare aux sommes collectées aujourd’hui pour l’action humanitaire en prenant soin d’actualiser les données chiffrées, on constate que l’effort financier lors de la Première Guerre mondiale est beaucoup plus important que tout ce que nous avons pu connaître ou connaissons. C’est le premier constat.

Deuxième constat majeur : la nature de la philanthropie a été profondément modifiée. D’une philanthropie de grands mécènes, nous sommes passés à une philanthropie de masse, c’est-à-dire une philanthropie populaire. A tous les niveaux de la société, on s’est mobilisé pour donner. Jeunes et vieux, hommes et femmes, riches et pauvres, tous ont contribué à l’effort humanitaire.

Troisième constat : le formidable développement du don de temps, c’est-à-dire du bénévolat. En quelques mois, la Croix-Rouge américaine est passée de 500.000 bénévoles adhérents à plus de 17 millions.

Quatrième constat : la naissance d’une nouvelle profession : le collecteur de fonds. C’est à cette occasion que les premières agences de « fundraising » apparaissent.

Cinquième constat : en 1916, pour la première fois, une loi est votée réglementant la collecte de fonds auprès du public.

C’est d’abord avec les réfugiés belges que la philanthropie va se développer. On parle de plus de 400.000 personnes qui fuient sur les routes en direction de la France pour échapper à l’avance des troupes allemandes. L’événement est brutal et soudain. Accueillir ces réfugiés devient une préoccupation majeure et les Etats ne peuvent y faire face. Ce sont donc les grands mécènes et aussi des milliers de personnes qui vont donner de l’argent, fournir des biens et des logements, ainsi que des interprètes, des médecins, des professeurs pour les jeunes, etc. tant en France qu’en Grande-Bretagne. Les Américains sont omniprésents et, disons-le, sans leur contribution, la Belgique occupée n’aurait pas survécu. La France du Nord connaît le même sort.

Et puis, il y a les premiers effets de la guerre. 1914 est l’année la plus meurtrière. Les hôpitaux militaires sont vite débordés et ne peuvent pas accueillir les blessés. Les lieux sont insuffisants, le personnel manque. Les bénévoles vont suppléer. Des hôtels sont mis à disposition, des châteaux aussi. Par milliers, les femmes s’engagent comme infirmières bénévoles. Sur 120.000 infirmières qui travaillent pour les services de santé des armées, plus de 80.000 sont des bénévoles.

Il y a les femmes et les enfants, les veuves et les orphelins. La misère s’installe avec le chômage. Procurer du travail devient un axe fort de la générosité. A Paris, plusieurs centaines d’ateliers, les ouvroirs, sont mis en place par de riches Américaines ou des aristocrates. L’objectif est de procurer du travail aux femmes et de leur verser ainsi un salaire.

Très vite aussi il y a les premiers mutilés qu’il faut prendre en charge financièrement et moralement.

Avec la guerre qui s’installe, les prisonniers de guerre sont rapidement plusieurs centaines de milliers. Leur sort est souvent tragique. Les conditions de détention sont très difficiles. Le Comité International de la Croix Rouge intervient pour donner des nouvelles aux familles, maintenir les liens, apporter les colis… Les œuvres religieuses sont aussi présentes.

Impossible de ne pas mentionner les marraines de guerre, les colis et les lettres, etc.

Bref, c’est une mobilisation philanthropique sous tous ses aspects sans précédent dans l’histoire de la société civile.

Ce constat est évident. Reste maintenant à examiner les effets de cette mobilisation. Quelle contribution la philanthropie a-t-elle apportée à l’effort de guerre ? Sans la philanthropie, la guerre aurait-elle pu durer dans les formes paroxystiques qui furent les siennes ? Pour ma part, je n’ai pas la réponse à ces questions. Les documents sont là. Manquent les travaux et les recherches. Peter Grant apporte une première réponse pour les Britanniques.

Alors pourquoi cette « french amnesia » sur le rôle de la philanthropie pendant la guerre ? J’ai écrit au début de cet article que l’histoire est d’abord une interprétation politique des événements. Cette volonté française d’occulter un aspect de la guerre, y compris dans les commémorations actuelles, s’explique, à mon sens, par la permanence de la sublimation du rôle de l’Etat comme sujet de l’histoire au détriment du peuple et de la société civile. Le peuple n’est qu’un accessoire de l’Etat. La France n’est-elle pas aujourd’hui le seul pays européen ayant des représentants dans les départements qui revêtent un étrange accoutrement pour les cérémonies officielles ? Comme l’écrivait déjà en 1795 le marquis de Sade, « Français, encore un effort si vous voulez être républicains ».

Chères lectrices et chers lecteurs, vous me permettrez de vous proposer une liste de livres de grands historiens contemporains qui écrivent différemment sur la Première Guerre mondiale ainsi que trois lieux à voir.

Grotius-la-france-occupee.jpg Philippe Nivet, La France occupée. 1914/1918, Armand Colin.

grotius---les-oublies-de-la-Grande-Guerre.jpg Annette Becker, Oubliés de la Grande Guerre. Humanitaire et culture de guerre, Pluriel.

grotius---14-18-retrouver-la-guerre.jpg Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, 14/18 Retrouver la Guerre, Folio Histoire.

Grotius---Allons-enfants-de-la-patrie.jpg Manon Pignot, Allons enfants de la patrie. Génération Grande Guerre, Seuil.

 

Trois sites à voir : 

Musée de la Grande Guerre des Pays de Meaux (Meaux)

http://www.museedelagrandeguerre.eu/

Historial de la Grande Guerre. Péronne (Somme)

http://www.historial.org/

Château de Blérancourt

http://museefrancoamericain.fr/

 

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 18:12

selfie-ice-bucket-challenge-et-NGO-ONG-humanitaire-francisc.jpg

Sébastien Brangé est reconnu pour son engagement envers la communauté montréalaise et siège au sein de plusieurs conseils d’administration dans les secteurs de l’éducation et de la culture. Il s'interroge dans cet article sur la pérennité des actions de type « ice bucket challenge ». Nous lui laissons la parole.
F. RUBIO 

«
Les « selfies » de la philanthropie :  "le vrai défi est de transformer ces campagnes de financement en adhésion durable"

Lire in situ : http://www.lesaffaires.com/blogues/sebastien-barange

 

Sebastien-Barange.jpg

Impossible de manquer en ce mois d’août les fameuses vidéos de personnalités bien connues ou de vos amis participant au défi du « ice bucket challenge ». Chaque jour sur les médias sociaux, un « ami » se verse un seau d’eau glacée sur la tête pour soutenir le combat contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA). L’association SLA indique d’ailleurs avoir amassé 70 millions de dollars en dons cette année contre 2,5 millions de dollars l’an passé.

C’est une belle réussite financière pour soutenir la recherche et améliorer l’aide aux personnes atteintes. C’est aussi une belle démonstration de l’utilisation des médias sociaux pour mettre sur pied une campagne de financement efficace.

Cela dit, en visionnant les courtes vidéos de ceux et celles qui ont relevé le défi, je me pose toujours les mêmes questions : vont-ils faire un don? Et si oui, de quelle somme? Vont-ils continuer d’appuyer la cause dans les prochaines années?

Pour ceux qui ont participé à des campagnes de financement, à titre de donateur ou de solliciteur, vous savez bien que jouer sur la corde de l’ego, c’est souvent ce qu’il y a de plus payant. Sentir qu’on vous sollicite, qu’on fait appel à votre aide, que votre action comptera, que vous allez être reconnu et remercié pour cet acte généreux, que d’autres verrons votre nom dans une liste de donateurs connus. Tout cela fonctionne généralement bien dans le contexte d’une campagne et c’est ce qui explique grandement le succès du « ice bucket challenge ».

Mais les organismes à but non lucratif vous le diront : le vrai défi est de transformer ces campagnes de financement en adhésion durable à une cause et de faire émerger des ambassadeurs qui soutiendront la cause à long terme. Est-ce que le « ice bucket challenge » fera naitre de vrais ambassadeurs qui s’activeront longtemps pour aider à la recherche sur la SLA?

Je suis persuadé que de nombreux organismes philanthropiques réfléchissent actuellement aux façons de répéter le succès du « ice bucket challenge ». En suivant cette voie, ne risque-t-on pas de verser dans la philanthropie « feu de paille » alors que les donateurs se dirigeront vers la campagne la plus « tendance » du moment, la plus « cool » et la plus populaire sur Facebook?

Le succès de ces campagnes est rapide et impressionnant. Convaincre ceux et celles qui deviendront pour longtemps les soutiens de votre cause demande de la patience et de la persévérance, mais c’est très payant. Car en plus de donner de l’argent, ces ambassadeurs seront prêts à donner de leur temps et à devenir les leaders d’une cause dans leur communauté et auprès des pouvoirs publics.

Souhaitons que ces « selfies » de la philanthropie fassent aussi émerger les porteurs de causes qui en ont bien besoin en ces temps de rigueur budgétaire.
»

 

 

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 11:30

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L’ ONG Américaine “China Labor Watch” a pour vocation de traquer en Chine les sociétés qui travaillent pour de grands groupes européens, américains ou du Sud-Est asiatiques et de dénoncer les conditions de travail dans les usines chinoises des donneurs d’ordre. 

La réaction des grands groupes est toujours la même : ils ne savaient pas, ils n’étaient pas informés pourtant ils avaient pris toutes les précautions etc. On connaît la chanson. 

C’est extraordinaire comme les grands groupes sont rarement informés de la situation réelle dans les usines chinoises et des pays pauvres. On se souvient des centaines de morts lors de l’effondrement d’une usine au Bangladesh. Là aussi personne ne savait. 

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Donc aidons un  peu cette ONG et publions ce rapport  sur Samsung le géant coréen du téléphone qui lui non plus ne savait pas mais au final reconnaît toujours qu’après enquête c’est bien la réalité. Dans le cas présent il s’agit de l’emploi d’enfants dans les usines du sous traitant. Bonne lecture

Francisco Rubio

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http://chinalaborwatch.org/pdf/2014.08.28_HEG_investigation.pdf

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 14:42

debat-sur-le-droit-des-lanceurs-d-alert-in-ong-humanitaire.jpg

J’ai eu l’occasion hier de vous communiquer le rapport de l’ONG « Transparency International France »sur les lanceurs d’alerte. J’ai donné mon sentiment sur la distinction étatique entre le « bon » et le « mauvais » lanceur d’alerte. Aujourd’hui même le Tribune de Genève dont je me suis fait l’écho dans mon précédent article publie un papier sur les lanceurs d’alerte. Un parlementaire Suisse a eu la bonne idée de proposer que l’asile soit automatiquement accordé en Suisse aux lanceurs d’alerte. Excellente initiative. Mais voilà nos amis suisses qui sont d’excellents donneurs de leçon démocratique sont comme les autres et pensent aussi que le bon lanceur d’alerte est celui qui dénonce la paille qui est dans l’œil du voisin et s’abstient de se mêler de ce qui ne le regarde pas. Une commission du parlement a donc d’entrée de jeux rejeté cette initiative « tordue » ! Vous trouverez ici cet article. 

Bien évidemment le combat ne fait que continuer. Pour ma part je suggère la création d’une fondation qui donnerait chaque année des prix aux lanceurs d’alerte qui auraient communiqué les informations les plus confidentielles concernant les états et qui contreviendraient aux lois et règlement en vigueur et violeraient les droits humains. Bien évidemment les dons faits à cette fondation seraient déductibles des impôts, car il s’agirait d’une cause d’intérêt général. J’attends avec beaucoup d’intérêt la réaction de nos grands corps comme le Conseil d’état ou la Cour des comptes sur la déductibilité de ces dons !

Francisco Rubio

Lire la suite : http://www.tdg.ch/suisse/droit-asile-garanti-suisse-lanceurs-dalerte/story/21954893

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 13:28

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A quand le saut sans parachute du haut de la Tour Effeil pour un don de 1000 euros ?

 

Sous le titre «  Le défi du seau d’eau glacée montre les progrès du caritatif en Chine", le journal en ligne French China nous explique que le caritatif ludique est arrivé en Chine le 17 août 2014 avec le défi du seau d’eau glacée que deux millionnaires chinois, Lei Jun et Zhou Hongyi, ont relevé après plusieurs autres à travers le monde. A ce stade tout est possible et pourquoi pas en Corée du nord demain !

Alors, Chère lectrice et Cher lecteur toutes vos idées sont les bienvenues pour inventer de nouvelles formes de collecte.

Francisco Rubio

Professeur à Webster University Genève

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"Cette tendance qui rend le caritatif ludique contribuera à modifier l'approche des activités de bienfaisance en Chine, traditionnellement plus solennelle et rigide. Les jeunes Chinois, en particulier ceux qui sont nés après 1980, auront des idées plus créatives pour aider ceux dans le besoin, et enrichiront la philanthropie nationale. Certaines organisations caritatives chinoises ont déjà essayé de recueillir des dons de manière ludique. Certains internautes s'inquiètent cependant de voir la philanthropie se transformer en un spectacle de communication pour les personnalités."

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 08:30

humanitaires-tues-tribune-de-geneve--in-ong-hummanitaire-r.jpg

 

 

La Tribune de Genève : http://www.tdg.ch/

L'article ci-dessous : http://mobile2.tdg.ch/articles/53f2b32487da8b7ee20000f9

Le nombre d'humanitaires tués atteint un record

Le nombre de travailleurs humanitaires tués, blessés ou enlevés a atteint un record en 2013. Le pays le plus dangereux est l'Afghanistan.

Le nombre de travailleurs humanitaires victimes d'incidents a fortement augmenté en 2013 par rapport à 2012 et a été supérieur à toutes les années depuis le début du siècle.

A l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire mardi, les organisations humanitaires rendent hommage à leur héroïsme.

«L'an dernier, le nombre d'agents humanitaires enlevés, grièvement blessés ou tués a atteint un record. C'est absolument révoltant», a affirmé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en vue de la Journée, célébrée chaque année le 19 août pour honorer la mémoire des 22 victimes de l'attentat commis le 19 août 2003 à Bagdad.

Selon l'«Aid worker security report 2014», publié mardi, le nombre de travailleurs humanitaires victimes d'incidents a fortement augmenté en 2013 par rapport à 2012 et a été supérieur à toutes les années depuis le début du siècle.

Hausse de 66%

En 2013, 460 humanitaires (toutes organisations confondues, ONU, ONG et Croix-Rouge) ont été victimes d'incidents. Parmi eux, 155 ont été tués, 171 blessés et 134 kidnappés.

Par rapport à 2012, la hausse du nombre de victimes atteint 66%. En 2012, 274 humanitaires avaient été victimes d'incidents, dont 67 tués, 115 blessés et 92 kidnappés. Environ le 80% sont des employés locaux.

Cinq pays les plus dangereux

Quelque 251 attaques ont été commises dans 30 pays, dont les trois quarts ont été concentrées dans cinq zones de conflit: le plus grand nombre d'attaques a été enregistré en Afghanistan (80), devant la Syrie (43), le Soudan du Sud (35), le Pakistan (17) et le Soudan (16).

Cette tendance à la hausse se poursuit au début de 2014. Jusqu'à début août, déjà davantage de victimes ont été recensées que pour toute l'année 2012, selon l'ONU.

«Ces dernières semaines, des dizaines d«humanitaires, dont des membres de la famille des Nations Unies, sont morts au Soudan du Sud et à Gaza», a rappelé dans son message le secrétaire général de l'ONU.

Des millions de personnes sans aide

«Des millions de personnes en subissent les conséquences», a souligné Ban Ki-moon. «Les attaques dirigées contre les travailleurs humanitaires empêchent des gens désespérés de recevoir l«aide dont ils ont besoin pour survivre», a-t-il dit.

«Des enfants ne peuvent être vaccinés. Des malades et des blessés ne peuvent être soignés. Des déplacés et des réfugiés sont laissés sans nourriture, sans eau et sans abri, exposés à la violence, à la maladie et à d«autres fléaux», a dénoncé Ban Ki-moon.


-o0o-

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 15:11

 journee-mondiale-de-l-action-humanitaire-ONU-19-aout-2014.jpg

« Le monde a besoin de plus de...»

« Les agents humanitaires et les membres de leur famille sont les plus touchés par ces crimes. Mais des millions d’autres personnes en subissent aussi les conséquences.[..] Honorons ceux qui ont péri en protégeant ceux qui poursuivent leur œuvre, et en appuyant les opérations de secours humanitaires partout dans le monde. "».

M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU

Message 2014

► Voici le lien du site des Nations unies pour la journée internationale de l’action humanitaire qui est désormais le 19 août depuis 5 ans suite au vote de l’assemblée générale des Nations unies. Et ce en commémoration de l’attentat de 2003 à Bagdad : http://www.un.org/fr/events/humanitarianday/

► Le message de l'Europe

► En cette journée de commémoration mondiale de l’action humanitaire du 19 août 2014 n’oublions pas les trois membres de Médecins du monde Espagne assassinés au Rwanda en 1997. Un article du journal espagnol El Pais, sur ce drame. En espagnol une fois n’est pas coutume - Cliquez pour lire 

Jean Selim Kanaan (3)

L'Hebdo - 2004-08-19

► Lettre ouverte à Jean-Selim Kanaan

Mon cher Jean-Selim,

Il y a un an tout juste, un camion piégé garé tout près des bureaux des Nations Unies à Bagdad explosait en pleine après-midi, tuant la plupart des fonctionnaires qui y travaillaient et leurs assistants irakiens. Depuis, les attentats, les enlèvements et les décapitations, filmées pour faire plus mal encore, se sont succédé à une telle cadence que nos mémoires se sont à leur tour enlisées dans le bourbier irakien, et que la liste des victimes se fait plus anonyme encore.

Jean Selim Kanaan (2)

Faisons au moins l'effort de nous souvenir de vous, Nadia Younès, Sergio Vieira de Mello, Fiona Watson, Jean-Selim Kanaan - vous qui étiez partis en Irak au nom de l'ONU, investis d'un mandat ambigu au moment où la guerre américaine menée sans l'aval du Conseil de sécurité se transformait en occupation et où la communauté internationale ne savait comment faire. Elle ne le sait pas davantage aujourd'hui, mais vous avez payé ses incohérences au prix de votre vie.

Je vous connaissais bien, et j'aimerais vous décrire tous, le rire léonin de Nadia l'Egyptienne, l'élégance narquoise, l'intensité de Sergio le Brésilien, le sérieux de Fiona l'Ecossaise, et puis la générosité, la tendresse, l'innocence de Jean-Selim. C'est à toi, Jean-Selim, que je veux m'adresser aujourd'hui, parce que, de nos amis morts ce jour-là, tu étais le plus jeune et parce que ton fils, Matti-Selim, a maintenant un an. Il faut bien commencer à lui raconter qui était son père.

Tu avais 33 ans, tu étais beau et tendre, et pourtant tu avais connu les guerres, les famines, les souffrances qui, pour la plupart d'entre nous, ne sont que des titres à la une des journaux, des images qui défilent et s'effacent de nos écrans de télévision.

Tu t'appelais Jean, et tu t'appelais Selim. Tu étais à la charnière de ces cultures, de ces religions, de ces moeurs qui s'affrontent et parfois se combattent comme à Bagdad, où tu es mort parce que de toutes tes forces tu voulais les réconcilier.

Français et protestant par ta mère, Egyptien et Grec catholique par ton père, Romain de naissance et de coeur, tu avais vécu à Pékin, étudié à Harvard et travaillé au Parlement européen. Ton nom était Kanaan, qui résonne comme l'antique. Tu étais sans racines et sans entraves, sans certitudes et sans oeillères, partagé, déchiré, multiple et ouvert.

Baroud et bons sentiments: pour ta génération, l'aventure, quand on est généreux, s'appelle humanitaire. De la Somalie aux Balkans et à Bagdad, pour Médecins du Monde et Action contre la faim, avant de rejoindre l'ONU, tu savais que partout la haine, la peur et la mort se ressemblent.

Jean Selim Kanaan (4)Tu n'étais pas du genre bravache, Jean-Selim, pas plus que Laura, ta femme, que tu avais connue et admirée au Kosovo où elle administrait seule l'une des régions les plus difficiles et qui, sans toi, s'est remise au travail, au Haut Commissariat aux Droits de l'homme, dirigé maintenant par Louise Arbour.

Tu ne t'en tenais pas aux chromos, tu disais aussi la trouille au ventre, l'impuissance face à des déchaînements où l'on se sent dérisoire et tu l'écrivais encore dans ton dernier e-mail de Bagdad, une heure avant l'attentat. Tu ne cultivais pas la fausse virilité, Jean-Selim, tu ne cachais rien de la difficulté à digérer ce qu'on ressent et plus encore à communiquer ensuite avec ceux qu'on aime, et qui sont restés au chaud, dans leur routine confortable.

Tu savais bien que le plus difficile n'est pas de partir, mais de revenir.

Depuis un an déjà, tu n'es pas revenu.

A Genève, ce jeudi de sinistre anniversaire, les officiels te rendront encore une fois hommage, à toi et aux autres assassinés. Du haut du bleu du ciel, la couleur que tu servais, celle des Nations Unies, tu nous regarderas et nous te pleurerons. |

Tu t'appelais Jean, et tu t'appelais Selim. Tu étais à la charnière de ces cultures qui se combattent comme à Bagdad, où tu es mort parce que de toutes tes forces tu voulais les réconcilier.

 

 

Jean Selim Kanaan (1)

 

 

 

LES ARCHIVES DE L'INA AU SERVICE DE L'HUMANITAIRE
http://www.ina.fr/recherche/search?search=actions+humanitaires&x=0&y=0 


Diplomatie Onu
Midi 2

Réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'ONU la nuit dernière, à la demande de la Chine, après le bombardement de son ambassade à Belgrade, dans la nuit de Vendredi à Samedi, par l'OTAN, dans le cadre de l'opération "Force alliée" dirigée contre les forces militaires serbes. - NEW YORK: PL sur la salle de réunion du Conseil de Sécurité. - PM de l'ambassadeur de Chine à l'ONU QIN HUASUN faisant une déclaration de sa place, parlant de "crime de guerre". - Réponse de l'ambassadeur des Etats Unis, qui exprime ses "profonds regrets". - Déclaration de QIN HUASUN dans le hall des Nations Unies: "Cet acte barbare de l'OTAN est une violation grave de la Charte des Nations Unies, des lois internationales et des règles de la diplomatie. Nous demandons à l'OTAN d'arrêter immédiatement ses actions militaires afin d'éviter de nouveux désastres humanitaires" (anglais trad off). - MOSCOU, hier soir: BORIS ELTSINE arrivant dans une salle de spectacle, serrant des mains. PE de la scène. BORIS ELTSINE au premier rang des spectateurs qui l'applaudissent, saluant. - MOSCOU, ce matin: PE VIKTOR TCHERNOMYRDINE traversant une salle et se dirigeant vers les journalistes à qui il s'adresse (couvert commentaire). PM cameramen. - PE VIKTOR TCHERNOMYRDINE, de dos, montant la passerelle de l'avion qui va l'emmener à Bonn, puis saluant du haut de la passerelle. DANS LE JOURNAL DE 20H (CAB99019967): - Interventions des ambassadeurs chinois et américain au Conseil de sécurité; déclaration de QUIN HUA SUN: rediffusion du 13H. - BORIS ELTSINE dans une salle de spectacle: rediffusion du 13H. - MOSCOU, ce matin: ITW du ministre russe des Affaires étrangères IGOR IVANOV, qui vient d'annuler son voyage à Londres (couvert commentaire). - BONN, cet après-midi: ITW de VIKTOR TCHERNOMYRDINE à sa descente d'avion (couvert commentaire). VIKTOR TCHERNOMYRDINE montant en voiture en se cognant la tête. - WASHINGTON, cet après-midi, dans une Université: le secrétaire général de l'ONU KOFI ANNAN, en tenue de docteur honoris causa, s'exprimant au micro (couvert commentaire). DANS LE JOURNAL DE LA NUIT (CAB99020023): - Rediffusion de l'intervention de QUIN HUA SUN à l'ONU; de BORIS ELTSINE à MOSCOU; de l'ITW de VIKTOR TCHERNOMYRDINE à BONN. - Déclaration de BILL CLINTON sur l'aéroport de DEL CITY: "C'est tragique, c'est affreux, c'est un regrettable accident. Mais la barbarie, c'est la politique de nettoyage éthnique intentionnelle que Milosevic mène depuis dix ans". - Déclaration du ministre britannique des Affaires étrangères ROBIN COOK, adressant ses excuses et ses condoléances au gouvernement chinois (couvert commentaire). - Manifestation contre les bombardements de l'OTAN en Yougoslavie, cet après-midi, à LONDRES: PM des manifestants criant leurs slogans; nombreuses pancartes et banderoles. - Manifestation contre les bombardements de l'OTAN en Yougoslavie, cet après-midi, à BERLIN: PE des manifestants rassemblés sur une place; DP des banderoles; gigantesque colombe en carton perchée sur une voiture.

J'ai la sclérose en plaques... et après ?
COMMENT CA VA : MAGAZINE DE LA SANTE

Jean LANZI et Fabienne KRAEMER proposent une émission en deux parties : la première est consacrée à la sclérose en plaques et la seconde se penche sur la médecine de guerre. - Devant une centrale électrique et ses nombreuses lignes à haute tension, les deux animateurs expliquent ce qu'est la sclérose en plaques, maladie du système nerveux central, qui évolue par poussées. - J'AI LA SCLEROSE EN PLAQUES ET APRES ? Rolande, Marie-Claire, Françoise, et Paul sont atteints de sclérose en plaques, ils nous font partager leur combativité, leurs espoirs et leurs craintes. Le professeur Gilles EDAN, neurologue, explique quelle est cette maladie infectieuse, il en donne les caractéristiques, les symptômes et décrit l'évolution de la maladie. Le professeur Etienne ROULLET explique que cette maladie ne se guérit pas mais qu'on peut la soigner (interferon). Rolande, 64 ans, fait du parachutisme. Elle est atteinte de cette maladie, elle dit sa peur de perdre complètement ses jambes. Elle refuse de s'enfermer dans sa maladie et fait passer son message d'espoir en s'adressant avant tout aux jeunes qui sont touchés par la sclérose en plaques. MARIE-CLAIRE est atteinte du même mal et s'est retrouvée rapidement en fauteuil du fait de l'évolution rapide de la sclérose. Elle reste lucide sur son avenir mais dit aussi son espoir de retrouver un jour sa capacité à marcher. Elle raconte comment elle s'est découverte mais refuse de se projeter dans l'avenir. FRANÇOISE est atteinte depuis 5 ans, elle parle de l'évolution de sa maladie. On la suit lors d'une consultation chez le médecin où elle fait le point avec le praticien. PAUL refuse d'accepter cette maladie et avoue que tout son univers s'est écroulé autour de lui quand le diagnostic a été posé. Il sait qu'il ne pourra pas partager tous les jeux de son fils et le regrette amèrement. Il parle de son traitement. Sa femme JOËLLE explique qu'elle considére PAUL comme quelqu'un de normal. Les troubles de la maladie diminuent les capacités physiques, la rééducation permet alors au patient de garder une certaine autonomie. Dineke VAN DE MOLEN, ergothérapeute, et Lionel TOURNAY, kinésithérapeute, expliquent comment ils travaillent avec ces malades en tentant de leur réapprendre les gestes différemment. - Jean LANZI et Fabienne KRAEMER, dans le camp militaire de Montlhéry, profitent de l'actualité pour évoquer la médecine de guerre dans la seconde partie de l'émission. - ACTUALITE : ce reportage décrit les activités du service médical de l'armée française dans les Balkans, plus particulièrement destinées aux réfugiés du Kosovo. Gilles BRAULT NOBLE et Jean Marie MARTIN nous présentent leurs actions et leurs relations privilégiées avec les organisations humanitaires. Ils fixent les limites entre les deux. Georges GALLIOU, médecin, fait visiter son bloc opératoire de campagne. Michel FORGET, de pharmaciens sans frontières, met l'accent sur la complémentarité de leur action avec les militaires et sur la centralisation des médicaments qu'ils orchestrent. Erkan SANSAL, directeur du Croissant Rouge turc, décrit les réfugiés arrivés dans les camps. Ce reportage précise les limites de l'aide aux populations en matière médicamenteuse. Le docteur Edouard OGA décrit les pathologies qu'il est amené à soigner et Syzanne SALIHU, infirmière réfugiée, se dit très heureuse de pouvoir aider son peuple. - De retour à Montlhéry, les animateurs accueillent un colonel qui redéfinit le rôle du service médical des armées, explique qu'ils disposent d'une médecine de catastrophe et fait part de ses inquiétudes pour les mois à venir pour les réfugiés. - ACTUALITE : au large de San Diego en Californie, les marines américains ont organisé de grandes manoeuvres pour tester l'efficacité de leurs équipes médicales. Un capitaine nous explique le but de la manoeuvre où de faux blessés font face à de vrais médecins. Tout est simulé dans les moindres détails. On visite un hôpital de campagne en pleine effervescence et le navire hôpital "Mercy" qui est le plus grand du monde. Un médecin militaire explique l'importance de la reconnaissance de cette partie de leur travail.

La guerre des civils

Reportage sur différents aspects de la vie des civils afghans, victimes de la guerre, réfugiés au Pakistan.1°/LES INTERVENTIONS D'ONG FRANCAISES EN MATIERE D'AIDE MEDICALE. - CAMPAGNE DE VACCINATION A Peshawar : [différents plans] préparation d'une mission de vaccination de l'AVICEN à Peshawar. Interview Philippe TRUZE (fondateur AVICEN) sur la formation des hommes pour vacciner les enfants. Les infirmiers en prière (islamique). Truze parlant aux infirmiers. Départ du car de la mission. [Vue d'ensemble] village. Enfants criant à la caméraï [gros plan] seringue. Bébé pleurant. Vaccinations. Remise d'un certificat de vaccination. Femmes voilées. - INSTALLATION D'HOPITAUX ET DE DISPENSAIRES : - [Différents plans] femmes et enfants dans hôpital des femmes. Soins à un enfant. Formation d'assistants médecins afghans par l'AMI : [différents plans] étudiants, cours. - Construction d'un dispensaire dans un village de la vallée de la Chitral au nord : plans de vie quotidienne dans un village, construction d'un dispensaire, interview Vincent NEDELLEC (logisticien MSF) sur la construction et la mission du dispensaire pour les réfugiés, l'attitude des afghans qui viennent voir le dispensaire pour se distraire et refusent les traitements. Camionnette MSF. Visite de Chris ORTMAN, femme de V Nedellec, voilée, auprès des réfugiés ; interview Chris (médecin MSF) sur l'avantage d'être une femme pour ces missions humanitaires mais sur les difficultés de relations avec les afghans et sa déception sur cette mission. Visite au dispensaire de l'AICF dans le camp de Surab : [panoramique] camp de réfugiés, femmes et enfants, dispensaire, bébés souffrant de malnutrition auscultés, interview Anne LEFEVRE (infirmière AICF) sur les soins donnés aux bébés, les conseils donnés aux mères, le stress des adultes dû à la guerre. - 2°/ACTIONS D'AIDE INTERNATIONALE POUR LE MAINTIEN DES TRADITIONS : - Visite dans une école coranique : enfants répétant un texte, petit écrivant, enfants apprenant à lire. - Visite dans des ateliers d'artisans dont le maintien est soutenu par les ONG : scène de tissage de tapis, forgeron forgeant, interview Daniel RIGAULT (AICF) au sujet des commandes d'outils par les organisations humanitaires, de la formation de ces artisans (forgeron, ferblantier, charpentier, menuisier, réparateur mécanicien) afin qu'ils aient un travail à leur retour en Afghanistan. - Visite dans un camp de réfugiés équipé d'un système de latrines particulier : [différents plans] tuyaux d'aération des latrines sur les toits des maisons du camp, interview Christian ZUANON (AICF) sur ce système. - Visite sur un chantier de construction : [différents plans] chantier de reconstruction d "Architectes Sans Frontières", maçons afghans, interview Patrick de BOISSIEU (Architectes Sans Frontières) sur sa mission de formation et les techniques Afghanes. - 3°/INTERVIEW ANTHROPOLOGUE SUR LA PSYCHOLOGIE DES REFUGIES : [différents plans] réfugiés (hommes) dans la rue. Interview Brigitte Picard (anthropologue AVICEN) habillée de noir et voilée, par N MAMERE : elle parle de la fierté des afghans, de la vie des enfants dans les camps, de leur multi linguisme, de leur perte d'identité, de leurs traumatismes, de la condition des femmes, de leur rôle dans la société traditionnelle Afghane, du rôle de l'islam dans la résistance, de l'application détournée du Coran.4°/PORTRAIT D'UN AVENTURIER, Tony DE Djibouti : ancien légionnaire, cet aventurier fait de l'aide humanitaire individuelle en transportant des médicaments. Tony de Djibouti (look cow-boy) à cheval au milieu de réfugiés, Tony examinant les dents d'un cheval, interview Tony qui explique qu'il connaissait seulement MSF, qu'il ne se sentait pas très concerné par la cause Afghane au départ, il explique comment il allie aide humanitaire et aventure, parle de sa découverte de la psychologie des réfugiés, de la nécessité de se faire respecter, d'être un chef pour ces hommes, de l'impossibilité de les prendre en frères de manière "démocratique". Il conclue qu'il n'a que lui même à donner.

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Publié par François Rubio - dans INTERVENTIONS
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